samedi 12 novembre 2011

Céramique coréenne - Le Céladon




Il est dit que le terme ‘Céladon’ utilisé pour décrire un certain type de céramique extrême orientale, viendrait du nom du berger ‘Céladon’, personnage du roman pastoral L’Astrée’, écrit par Honoré d’Urfé, auteur français du 17ème siècle. Le héros, amoureux de la belle bergère Astrée,  portait sur ses habits de gracieux rubans verts tendre, et leur couleur était si remarquable qu’elle fut associée au nom du berger. 

Un céladon de Koryeo



A l’époque, cette œuvre littéraire connut un succès considérable dans toutes les cours d’Europe ; c’est à cette même période que certaines céramiques venant d’Asie et présentant cette couleur si particulière, connaissaient une belle popularité en France, puis en Europe. L’association entre la couleur des céramiques et les habits de ‘Céladon’ s’est faite naturellement, puis répandue grâce au succès du roman et des céramiques, et perdure encore de nos jours.


Brûle-encens en forme d'un lion chimère - Céladon de Koryeo


C’est durant la période des 3 royaumes (Shilla, Koguryeo et Paekche), du 1er siècle avant JC au 7ème siècle,  que prend sa source le début de l'histoire de la poterie coréenne. Des poteries grossières pour l'usage domestique furent produites dans de nombreux fours. Dans le même temps, un certain nombre de statues très élaborées de personnages royaux, de gardiens et de chevaux, furent fabriquées pour l'usage domestique, pour les sanctuaires votifs impériaux, et aussi pour servir d'escorte aux défunts dans les tombes nobles et royales.
Céramiques du 9ème siècle
Pendant la période du royaume de Koryeo, entre le 10ème et 14ème siècle, la céramique connaît son premier âge d’or en Corée. Avec le développement de relations commerciales intenses avec la Chine, notamment sous les dynasties des Song et des Liao jusqu’au 12ème siècle, les artisans coréens sont poussés, sous l’influence chinoise, à produire des céramiques, et notamment des Céladons (Chongja en coréen), de plus en plus raffinées. 

Céladon de Koryeo
Les artisans sont nombreux et talentueux, la production importante, la sophistication des décors, la pureté et l’équilibre des lignes témoignent du raffinement recherché par les classes aristocratiques et religieuses de la société, et à la cour royale. Tous étaient fascinés par la profondeur et la transparence de cette couleur bleu-vert si particulière de l’émail céladon.

Bouteille de vin en forme de dragon - Céladon de Koryeo


Jusqu’au début du 12ème siècle, les céladons sont ’purs’, sans craquelures, les formes très variées et les décors incisés dans l’argile. Puis jusqu’au 13ème siècle, ce fut la période des céladons incrustés Sanggam, technique purement coréenne qui consiste à incruster les décors par incisions et engobes, sur l’argile encore fraîche. La cour patronnait les plus grands ateliers de la région de Jeolla, au sud-ouest de la Corée, et les tuiles en céladons recouvraient les toits des pavillons princiers. C’est de cette époque que datent les fameuses céramiques Maebyong décorées 
de grues et de nuages.
Une reproduction du couple Yin & Yang Céladon de Koryeo.
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Durant la période Koryeo, plusieurs centaines de fours produisent les fameux céladons, dont la couleur bleu-vert provient d'une petite quantité de fer, d’oxyde de fer, d’oxyde de manganèse et de particules de quartz, incluse dans la glaçure au moment de la cuisson en réduction (avec un apport en oxygène limité). Une cuisson oxydante (avec une plus grande arrivée d'air) donne une couleur brun jaune à la glaçure. Il arrive que pendant le refroidissement, le four se réoxygène, et quelques céramiques présentent les deux couleurs à la fois.


Céladon de Koryeo - Une importante présence de fer 


Avant glaçurage au four, les décors sont incisés dans l’argile pas encore sèche de la céramique, puis remplis d’engobes (ou barbotine) noires ou blanches. Les glaçures des céladons peuvent être de diverses couleurs, allant d'une couleur brune à des glaçures pratiquement noires. Cependant, les glaçures sont en général rendues pratiquement transparentes, pour mettre en valeur les incrustations noires et blanches. Certains motifs sont réalisés à l’aide  d’oxyde de fer (couleur brune ou noire), d’oxyde de cuivre (rouge), ou même d’or. 


Incision de décoration
Les formes et les usages sont très variés : Tasses et sous-tasse en fleur de lotus, pots à vin en forme de melons ou de calebasse, brûle-encens surmontés d’animaux fantastiques, compte-goutte en forme de fruits, etc. Les décors incisés dans l’argile sont soit abstraits, comme des arabesques, soit représentent des pivoines, des lotus, des phénix ou des perroquets.


Compte-goutte pour l'écriture et la peinture - Céladon de Koryeo


Les artisans qui réalisent aujourd’hui des céladons haut de gamme ont repris l’essentiel de ces techniques ancestrales pour reproduire toutes les qualités matérielles et esthétiques des céramiques d’autrefois. Certains potiers-artisans s'efforcent à atteindre la couleur parfaite du vert-bleu. Tandis que d’autres utilisent des techniques (Sanggam) ou des motifs du Céladon de Koryeo dans une réalisation plus créative et moderne. 
Reproduction de tasse à vin, Gaeyuonbae de Koryeo
Pour découvrir  la légende de cette tasse à vin magique, cliquez ici. 


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