lundi 25 février 2013

Première pleine lune de l'année – festivités traditionnelles coréennes



Tandis que les festivités du Nouvel An lunaire en Corée sont très calmes (surtout très familiales et orientées vers les aïeux - décédés ou vivants),
les festivités de la première pleine lune de l’année lunaire réservent beaucoup d’activités ludiques et collectives...


En cette année du « Serpent d’eau », la 1ère pleine lune tombe la nuit du 24 au 25 février.
Dans le temps, les festivités duraient pendant 3 jours et les distinctions sociales étaient suspendues durant cette période... 


Côté table, deux plats essentiels marquent cette tradition.


On prépare un riz spécial qui mélange les 5 ingrédients suivants : du riz gluant, des haricots azuki (petit haricot rouge), des haricots noirs (petits haricots noirs), du sorgho et du millet. Ce riz est accompagné de plusieurs plats de légumes et d’herbes séchés pendant l’hiver.      


On prépare aussi du "Yaksik", une sorte de gâteau à base de riz gluant, de châtaignes, de jujubes, de kakis séchés, de pignons de pin et de miel. Ce gâteau spécial se déguste comme un goûter.



Le matin de la pleine lune, on déguste des fruits à coque : noix, pignons de pin, marrons et cacahuètes... On en mangeait en quantité équivalente à son âge et cette coutume étaient censée épargner la personne de problèmes cutanés. Encore de nos jours, on en déguste toujours en famille...


Les adultes buvaient un verre d’alcool de riz très clair (comme du saké). Cette coutume visait 3 objectifs définis selon une croyance ancienne : ce verre d’alcool nettoie les oreilles (donc pas de bobo ORL pour l’année qui débute), améliore l’ouïe et provoquent l'arrivée de beaucoup de bonnes nouvelles!...  


Côté activités ludiques, il y en a trois qui sortaient du lot et les coréens continuent encore à les perpétuer de nos jours...
« Daribalki », littéralement « marcher sur un pont » en est une. En coréen, le « pont » se prononce et s’écrit de façon identique à « jambe ». On espérait en marchant les « ponts » qu’il n’y ait donc pas de problèmes de santé aux jambes...


A la pleine lune, quelque soit leur appartenance sociale, les femmes et les hommes, les vieux et les enfants, sortaient et traversaient des ponts en chantant ou en dansant...


La deuxième est « Jyubulnori ». Les enfants (dans le temps, les garçons) fabriquent de petites torches et les alument.


A la tombée de la nuit, ils partaient en groupe aux champs, en réalisant des figures avec leurs torches accrochées à une corde. Il y avait souvent des compétitions entre des villages voisins. A la fin des jeux, les enfants mettaient le feu aux champs, à l'aide des torches. Cette coutume est très ancrée aux conditions du monde rural et agricole. En pratique, ce feu de champs délibéré et contrôlé, était une préparation des sol en prévision des nouvelles cultures.
De nos jours, enfants et adultes s’amusent à faire de jolies figures sans brûler quoi que se soit...


La troisième activité est « Daljip Taeougi – brûler la maison de lune ».
On construit avec de la paille et du bois, une grande hutte (qui ressemble à celle des amérindiens). En brûlant cette « maison de lune », les spectateurs tournent en rond en prenant les mains de leurs voisins. Souvent, un groupe de musiciens traditionnels donne l’ambiance...


Dans le temps, selon la dimension et la durée des feux, on prédisait l’abondance des récoltesCette coutume de brûler une construction éphémère se retrouve dans le monde entier, souvent au solstice de printemps. Le but est d’éloigner les mauvais esprits (l’hiver) pour accueillir les esprits bienveillants (le printemps et le soleil).


Il y a également une autre coutume coréenne qui ne se pratique plus mais très amusante... A l’aube du lendemain de la pleine lune, on se précipitait chez un de ses ami(e)s ou connaissances, et on appelait par son nom, la personne encore chez elle. Si (par malheur) cette dernière y répondait par inadvertance, on lui criait « achète ma chaleur » tout en riant...


Ainsi la personne qui a vendu « sa chaleur » espérait que la chaleur suffocante et humide d’été l’épargnerait… 
Mais alors pour son ami(e) qui était forcé(e) d'acheter « la chaleur »… ???
Selon des spécialistes des coutumes, ce jeu n’était pas du tout entaché de méchanceté. C’était simplement pour encourager les gens à se lever tôt, à l’arrivée d’un nouveau cycle agricole, après un long hiver calme (!).



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