Céramiques de Corée


C’est durant la période des 3 royaumes (Shilla, Koguryeo et Paekche), du 1er siècle avant JC au 7ème siècle,  que prend sa source le début de l'histoire de la poterie coréenne
Des poteries grossières pour l'usage domestique furent produites dans de nombreux fours. Dans le même temps, un certain nombre de statues très élaborées de personnages royaux, de gardiens et de chevaux, furent fabriquées pour l'usage domestique, pour les sanctuaires votifs impériaux, et aussi pour servir d'escorte aux défunts dans les tombes nobles et royales.



Pendant la période du royaume de Koryeo, entre le 10ème et 14ème siècle, la céramique connaît son premier âge d’or en Corée. 

Avec le développement de relations commerciales intenses avec la Chine, notamment sous les dynasties des Song et des Liao jusqu’au 12ème siècle, les artisans coréens sont poussés, sous l’influence chinoise, à produire des céramiques, et notamment des céladons (Chongja en coréen 청자), de plus en plus raffinées. Les artisans sont nombreux et talentueux, la production importante, la sophistication des décors, la pureté et l’équilibre des lignes témoignent du raffinement recherché par les classes aristocratiques et religieuses de la société, et à la cour royale. Tous étaient fascinés par la profondeur et la transparence de cette couleur bleu-vert si particulière de l’émail céladon. 

En parallèle, une production limitée de porcelaine blanche et fine (Baekja 백자) est réalisée et ne prendra véritablement sa place que bien plus tard, au 15ème siècle, où elle deviendra céramique officielle royale.


Le Céladon

L’origine de l’art de la céramique de Koryeo remonte à l’époque de la dynastie unifiée de Shilla au 7ème siècle, après l’unification des 3 royaumes. C’est durant cette période et au fil  d’une longue recherche à partir des techniques de fabrication et de cuisson des grès à hautes températures que, au prix de nombreux tâtonnements, les céladons primitifs de couleur brun-vert sont progressivement élaborés. La couleur ‘céladon’ apparue ensuite, est due à la présence d’une petite quantité d’oxyde de fer dans la glaçure, lors de la cuisson. 


Jusqu’au début du 12ème siècle, les céladons sont ’purs’, sans craquelures, les formes très variées et les décors incisés dans l’argile. Puis jusqu’au 13ème siècle, ce fut la période des céladons incrustés Sanggam 상감, technique purement coréenne qui consiste à incruster les décors par incisions et engobes, sur l’argile encore fraîche. La cour patronnait les plus grands ateliers de la région de Jeolla, au sud-ouest de la Corée, et les tuiles en céladons recouvraient les toits des pavillons princiers. C’est de cette époque que datent les fameuses céramiques Maebyong décorées de grues et de nuages.


Le Puncheong

Avec l’invasion mongole du milieu du 13ème siècle et son influence culturelle, l’esthétique se modifie, la sophistication et la virtuosité font place à une simplification progressive des techniques et des décors. C’est l’apparition des céramiques Puncheong 분청, au style beaucoup plus dépouillé, qui font évoluer le classicisme élégant de la période précédente, vers une recherche plus expérimentale et ‘spirituelle’, et dont les formes et les évocations restent toujours étonnamment modernes. Une glaçure grise à la cendre recouvre les décors engobés des poteries, qui sont gravés ou estampés à l’aide de sceaux d’argile. 


Ces céramiques continueront d’être produites pendant les 200 premières années de la période de Jeoson 조선, à partir de la fin du 14ème siècle ; elles sont souvent réalisées pour les officiels des gouvernements royaux et provinciaux, et présentent des distinctions de formes et de décors en fonction de leur région d’origine. Cette technique sera reprise et utilisée jusqu’à nos jours par les artisans japonais, sous le nom de Mishima.

La porcelaine Baekja

Au cours de la dynastie Joseon qui se terminera au début du 20ème siècle, la fabrication de porcelaine Baekja 백자 prend progressivement et définitivement le pas sur le Puncheong, tout particulièrement à partir de la fin du 16ème siècle, après les invasions destructrices du seigneur de guerre japonais Hideyoshi Toyotomi (C’est la guerre dite ‘des potiers’ qui permettra, après la déportation de nombreux potiers coréens, le développement de l'industrie de la porcelaine au Japon). 


La production centralisée au départ, et patronnée par les instances royales, notamment autour des manufactures Bunwon qui resteront prédominantes jusqu’à la fin du 19ème siècle, se régionalisera et se développera de manière importante. Sous l’influence de l’idéal néo-confucéen, c’est la porcelaine blanche, parfois décorée de cuivre et d’un style simple et épuré, puis blanche et bleue, ou blanche et brun vers la fin du 17ème siècle, qui prendra le premier plan de la production coréenne de céramique.